James DREW
Richard Proust

LE PENDENTIF


Chemin des dames, enfer, mitraille

Soldat perdu et condamné

Le fer planté dans ses entrailles

Dans la tranchée il est tombé


Sa main tremblante vers son cou

Il a saisi le pendentif

Emportant ce bijou très doux

Dans son sommeil définitif


Les obus creusant leurs cratères

Sans fleur et aucune oraison

Son corps fut recouvert de terre

Il a serré le médaillon


Des décennies, des vies après

A l’occasion de gros travaux

Son pauvre corps on exhumait

Vestige d’un temps pas très beau


Sur sa médaille militaire

On lut son nom, son régiment

Sur le pendentif sous le verre

On vit deux visages d’enfants


C’étaient lui et sa fiancée

Photos sépia en vis-a-vis

Visages d’un amour gâché

Assassiné par la folie


Le rôle ingrat me fut confié

De retrouver la bien aimée

Lui dire qu’au dernier jour

Il tenait en main leur amour


Je l’ai trouvée, douce et voûtée

À l’hospice de son village

Toute tremblante elle a avoué

Avoir fui tous les mariages


J’aperçus sur la cheminée

Plus grands que sur le pendentif

Les deux portraits qui souriaient


Et dans un geste fugitif… j’ai essuyé ma joue mouillée


  

Richard PROUST/Michel DOUILLY

Chant james DREW

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